Abdel Hussein Al-Hindaoui : « J’annonce au moins 60% de participation aux élections législatives en Irak»

Publié le par Feurat ALANI

A quelques jours des élections, Abdel Hussein Al-Hindaoui, président de la commission électorale indépendante irakienne, reste confiant. Interview.

 

 

Les violences qui règnent en Irak permettent elles réellement le déroulement des élections ?

 

Tout d’abord, c’est une affaire irakienne et non américaine. Pour ce qui se passe en dehors des bureaux de vote, c’est le gouvernement qui s’occupera du bon déroulement des élections. Un plan de sécurité est prévu par le gouvernement. L’aéroport de Bagdad, notamment, sera fermé. Durant les élections, plusieurs équipes de sécurité seront là dans chaque bureau de vote pour organiser et empêcher que toute chose anormale se produise. Les électeurs irakiens ne risqueront rien.

 

Quelle est votre prévision quand au taux d’abstention ? Quand on sait que la plupart des sunnites ne voteront pas…

 

Malgré l’insécurité et la peur, je pense que 30 à 40 % des électeurs sunnites se rendront aux urnes, notamment à Fallouja, Ramadi ainsi que dans le département d’Al Anbar. Et 60% dans tout l’Irak. Par ailleurs, dans certaines villes du nord à majorité kurde, on atteindra 90%.

Ce sont des élections très populaires, sans exception. La question des confessions sunnites ou chiites ne rentre pas en compte. Les gens cherchent à tourner la page de l’ancien régime de Saddam Hussein. En Palestine, 50% de la population a voté et on a dit que c’était bien. Nous ferons mieux.

 

 A qui profiterait l’abstention ?

 

Je crois qu’une abstention ne profiterai à personne. Au contraire. Les électeurs savent déjà pour qui ils voteront.

 

Qu’en est il de la probité électorale ?

 

Dans les bureaux de vote, les chances d’avoir des fraudes seront minces. Les électeurs ont une pièce d’identité. Personne ne pourra rentrer sans avoir été identifié. Dans les 7300 bureaux de vote, 15000 observateurs irakiens seront là pour faire en sorte que cela se passe bien. Des représentants de partis politiques seront également présents. Cependant, dans toute élection, les tentatives de fraudes ne sont pas inévitables, mais cela n’altérera pas nos élections.

 

Selon vous, les élections générales vont elle contribuer à mettre fin à la violence comme le pense le 1er ministre intérimaire Iyad Allaoui ?

 

La situation a déjà changée. La vie politique a été bouleversée par le travail de la commission et de l’ONU. Et la situation en Irak se stabilise. Nous sommes en marche vers la démocratie.

 

Prenez vous en compte les menaces d’Abou Moussab Al Zarquaoui, qui menace de viser les électeurs ?

 

Zarquaoui n'est rien du tout pour les irakiens. La sécurité se stabilise progressivement et je pense que ces élections marquent un point final à la bataille. Le pays avance avec beaucoup de sûreté. Nous allons gagner et je pense que les "zarquaouistes" ont déjà perdu.

 

Certains parlent de guerre civile si un parti chiite l’emportait…

 

Parler des chiites, sunnites et kurdes, ça n'a pas d'impact en irak. Il y a une mixité de communauté dans beaucoup de listes. Les irakiens veulent un gouvernement qui respecte toutes les ethnies.

 

 

Certaines communautés comparent Iyad Allaoui à Hamid Karzai, président de la république Afghane et sous entendent que le choix est déjà fait…

 

Personnellement, je ne m’occupe que des affaires irakiennes. Le prochain gouvernement irakien ne sera pas un gouvernement marionnette. Les électeurs seront libres de choisir qui ils veulent et nous, la commission, sommes là pour garantir cette liberté.

 

 

Un pronostic sur le résultat du scrutin ?

 

En tant que président de la commission électorale, je n’ai pas à me prononcer. Tout ce que j’espère, c’est un gouvernement aspirant aux désirs des irakiens. Et le plus important, c’est que l’Irak deviennent un pays démocratique.

 

Propos recueillis par Feurat Alani

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Publié dans Entretien

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