Partager l'article ! Irak : la corruption des gangs: Le Point du 02/11/06 Olivier Weber et Feurat Alani (à Bagdad) Sur les champs de bataille irakiens, corrup ...
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Le cinéaste britannique Paul Greengrass, auteur de "Vol 93" sur le quatrième avion du 11-Septembre, va tourner un film dont l'action se déroulera en Irak après l'invasion de ce pays en 2003. Il va porter à l'écran un livre de l'ancien correspondant du Washington Post à Bagdad, Rajiv Chandrasekaran, intitulé "Imperial Life in the Emerald City: Inside Iraq's Green Zone". Le livre raconte comment les Américains, après avoir renversé Saddam Hussein, ont mis en place avec difficulté un gouvernement provisoire abrité dans la "zone verte", enclave fortifiée au centre de Bagdad. Le tournage est prévu au cours de 2007.
Le Point du 02/11/06
Olivier Weber et Feurat Alani (à Bagdad)
Sur les champs de bataille irakiens, corruption et coups de canon font bon ménage. A tel point que maints intermédiaires semblent encourager la guerre pour se remplir les poches. Cinq cents millions de dollars d'aide auraient ainsi été détournés par des officiels du ministère de la Défense. Parmi les principaux suspects : Ziad Cattan. Ancien vice-ministre de la Défense, titulaire d'un doctorat en économie de l'université de Varsovie, Cattan aurait empoché plusieurs dizaines de millions de dollars. Relevé de ses fonctions et réfugié en Pologne - il a la double nationalité -, il refuse de répondre aux injonctions de la police irakienne.
Depuis 2004, le système mis en place par Washington consiste à responsabiliser le gouvernement irakien, notamment dans l'achat d'armements. Dès les premiers contrats signés directement par Bagdad, des fonds disparaissent. En décembre 2004, deux contractors américains en Irak, Dale Stoffel et William Temple, travaillant pour la compagnie Wye Oak Technologies, s'en plaignent depuis l'Irak auprès du sénateur de Pennsylvanie Rick Santorum. Mais ils sont abattus. Tout laisse à penser que ce sont des officiels irakiens qui les ont fait exécuter.
Le secteur de l'armement n'est pas le seul concerné par la gigantesque corruption : 400 000 barils d'or noir et 1 200 camions-citernes ont été envoyés en Syrie et en Iran par un gang du ministère du Pétrole. Selon les comptes rendus des commissariats de Mossoul et Kut, le trafic impliquerait aussi des compagnies américaines, via des milices tribales de Kirkouk et Beiji, la grande raffinerie du nord de Bagdad. Selon Ali Chabout, porte-parole du Comité pour la transparence en Irak, 88 responsables gouvernementaux et 15 anciens ministres seraient impliqués dans ces trafics et détournements. Etre fonctionnaire-bandit est un métier d'avenir en Irak. Ziad Cattan, lui, court toujours.
Bonjour,
Avant tout, je tiens à vous remercier pour vos articles qui sont de véritables mines d\\\'information.
Voici une suggestion.
Le pétrole qui finance la corruption en I, est-il revendu au marché noir? Nous savons que c\\\'est aussi la pratique d\\\'al qaeda en détournant les oleoducs irakiens.
Pourquoi n\\\'existent-ils pas d\\\'enquêtes approfondies sur ce recel?
C\\\'est dommage que nous manquions autant de données sur ce sujet. Pourtant en limitant ce fléau, les irakiens feront véritablement d\\\'une pierre, deux coups : affaiblir financièrement les milices chiites et al qaeda.
Amicalement