Partager l'article ! Familles mixtes entre deux feux: Le Point du 17 Août 2006 Alors que la guerre interconfessionnelle entre sunnties et chiites sévit en Ir ...
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Le cinéaste britannique Paul Greengrass, auteur de "Vol 93" sur le quatrième avion du 11-Septembre, va tourner un film dont l'action se déroulera en Irak après l'invasion de ce pays en 2003. Il va porter à l'écran un livre de l'ancien correspondant du Washington Post à Bagdad, Rajiv Chandrasekaran, intitulé "Imperial Life in the Emerald City: Inside Iraq's Green Zone". Le livre raconte comment les Américains, après avoir renversé Saddam Hussein, ont mis en place avec difficulté un gouvernement provisoire abrité dans la "zone verte", enclave fortifiée au centre de Bagdad. Le tournage est prévu au cours de 2007.
Le Point du 17 Août 2006
Alors que la guerre interconfessionnelle entre sunnties et chiites sévit en Irak, une catégorie de personnes souffre plus que les autres : les familles mixtes. Principalement leurs enfants. Nés de parents de confessions différentes, ces dizaines de milliers d'Irakiens sont souvent rejetés par les autres.
Pris entre deux feux et sous la menace de tous les attentats, comme ceux, selon le Premier ministre irakien, qui ont ravagé le quartier de Zaafariyah à Bagdad (un accident dû au gaz, selon l'armée américaine), où vivent principalement des familles mixtes et qui ont fait 57 morts et 150 blessés. Des attentats soigneusement préparés, dans une capitale où surviennent en moyenne 70 attaques par jour. A Bagdad, le Tigre fait désormais office de mur de séparation, même si jadis les mariages entre les deux communautés étaient monnaie courante. A l'ouest, les sunnites. A l'est, les chiites.
suspecté par certains d'être un "collaborateur", Kays a vite déchanté. De père chiite et de mère sunnite, ce jeune ingénieur avoue ne plus supporter le regard des autres l'accusant "à tort" d'entretenir un double discours. "J'ai souffert lorsque les avions de chasse bombardaient Fallouja, la ville natale de ma mère. J'ai également pleuré lorsque Nadjaf, d'où mon père est originaire, a été prise d'assaut par les troupes américaines", dit-il. Il y a aussi ce manque de confiance lorsque Kays essaie de prendre part à un débat politique. "Personne ne se méfiait de ma double confession avant cette guerre civile." Lors des faux barrages, les milices contrôlent le patronyme, qui permet parfois de distinguer sunnites et chiites. Du coup, les familles mixtes préfèrent fuir. Elles constituent la majorité de l'exode d'Irakiens vers l'étranger. Un exode qui n'est pas près de cesser : pour affaiblir davantage les troupes américaines en Irak, l'Iran, selon plusieurs experts, attise les violences confessionnelles.
Feurat Alani
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