Partager l'article ! Le succès du « Sniper de Bagdad »: « Juba », un franc-tireur, abat soigneusement un vingtaine de GI Feurat Alani (Le Point du 16 F ...
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Le cinéaste britannique Paul Greengrass, auteur de "Vol 93" sur le quatrième avion du 11-Septembre, va tourner un film dont l'action se déroulera en Irak après l'invasion de ce pays en 2003. Il va porter à l'écran un livre de l'ancien correspondant du Washington Post à Bagdad, Rajiv Chandrasekaran, intitulé "Imperial Life in the Emerald City: Inside Iraq's Green Zone". Le livre raconte comment les Américains, après avoir renversé Saddam Hussein, ont mis en place avec difficulté un gouvernement provisoire abrité dans la "zone verte", enclave fortifiée au centre de Bagdad. Le tournage est prévu au cours de 2007.
« Juba », un franc-tireur, abat soigneusement un vingtaine de GI
Feurat Alani (Le Point du 16 Février 2006)
En Irak, le DVD du « Sniper de Bagdad » fait un tabac. Distribué sous le manteau à la sortie des mosquées et dans les marchés, les jeunes Irakiens se l'arrachent. Le DVD aurait même dépassé les frontières irakiennes et circulerait dans les rues d'Amman, de Damas, de Téhéran, de Dubaï... Ce film de propagande diffusé par l'Armée islamique en Irak (AIS), auteur de l'enlèvement des journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot, montre les actions d'un sniper âgé de 16 ans. Sur un fond de chants religieux, la première séquence met en scène un soldat américain en faction près de son véhicule. Un tir retentit. Le soldat tombe... et ne se relève pas. La caméra s'attarde ensuite sur la réaction des autres militaires, saisis de panique et prenant la fuite. La scène la plus marquante se passe à Ramadi, à 50 kilomètres de Fallouja, en plein pays sunnite. Un militaire en patrouille est tué sans que ses compagnons s'en aperçoivent. Les passants prennent la fuite. Invisible durant les quinze minutes du DVD, le franc-tireur nommé « Juba » prend soigneusement une vingtaine de GI pour cible et les abat. Chaque séquence est entrecoupée de citations à sa gloire. « A plus de 200 mètres de distance, Juba tire, se cache et disparaît », précise le texte. Avec cette propagande, l'AIS espère faire d'une pierre deux coups. D'une part, redorer le blason de la résistance sunnite irakienne en montrant qu'elle épargne les civils et ne s'attaque qu'aux Américains. De l'autre, inciter la jeunesse irakienne, mais aussi arabe, à rejoindre le « front » en Irak. En témoigne Kassem, jeune Irakien de 15 ans qui « aimerait viser aussi bien que Juba ».
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